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En France, l'alcool est une cause majeure de cancer

Bouche, gorge, oesophage : sur tout son trajet l’alcool cause des dégâts et accroît le risque de nombreux cancers – à plus forte raison s’il est associé au tabac. Dans quelles proportions l’alcool augmente-t-il les risques ? Quel est son impact sur la mortalité ? 

Chaque année, l’alcool est responsable d’environ 10 000 décès par cancer. Ce risque dépend de la dose consommée et non du type d’alcool : à dose égale, tous les types de boissons alcoolisées (vin, bière, apéritifs…) sont également cancérogènes

Quels risques pour quels cancers ?

Au total, l’alcool est responsable de 7 % de l’ensemble des cancers. Si l’association entre consommation de boisson alcoolisée et risque de cancer est connue depuis près d’un siècle, on n’en connaît toujours pas précisément les mécanismes. Toutefois, l’alcool semble plutôt agir par contact direct, et va surtout entraîner des cancers au niveau des voies aéro-digestives supérieures (bouche, gorge, oesophage). Mais les dégâts vont au-delà et boire de l’alcool augmente les risques de multiples cancers :

Cancers de la bouche, du pharynx, du larynx : risque multiplié par deux

Ces types de cancer sont étroitement liés à la consommation alcoolique. Le risque est encore accru par l’association du tabac et de l’alcool, responsable d’une surmortalité évidente. Parmi les non-fumeurs, les grands buveurs encourent un risque de cancer jusqu’à 10 fois supérieur aux abstinents. Et chez les grands buveurs/grands fumeurs, les risques sont au moins 40 fois plus élevés chez que chez les non-buveurs non-fumeurs.

Il faut toutefois noter que ces cancers bouche-pharynx, caractéristiques de la synergie alcool/tabac, ont régressé chez l’homme depuis 20 ans" remarque Philippe Mourouga, directeur du Département prévention et dépistage à l’Institut national du cancer (INCa). Une conséquence de la baisse de consommation d’alcool chez l’homme, qui diminue progressivement depuis 1950. La population adulte buvait en moyenne 5 verres par jour en 1950 ; en 2004, elle boit un peu moins de 3 verres quotidiens.

Cancer de l’oesophage : en moyenne, l’alcool multiplie les risques par trois

Ce cancer est aussi fortement associé à la prise d’alcool : plus de la moitié des décès masculins par cancer de l’oesophage lui sont attribuables. Le risque est très augmenté par l’association alcool/tabac et les chiffres donnés pour les grands buveurs/grands fumeurs sont impressionnants : une personne consommant plus de 80 g d’alcool par jour (environ 8 verres !) a 18 fois plus de risques de développer un cancer de l’oesophage qu’une personne buvant 4 verres au plus ; une personne fumant plus de 20 cigarettes par jour a un risque multiplié par 5 ; celui qui cumule les deux a 44 fois plus de risques

Cancer du foie : multiplication des risques par 1,5

L’alcool est un poison du foie. En détruisant ses cellules, il peut entraîner des cirrhoses, qui elles-mêmes évoluent parfois en cancer.

Cancer du sein : risque multiplié par 1,2

De nombreuses études montrent la relation entre la prise d’alcool et le cancer du sein. Le risque augmente d’environ 7 % par verre quotidien.

Cancer colorectal : risque multiplié par 1,1

Le risque de cancer colorectal est augmenté chez les buveurs.

Une cause privilégiée de mort prématurée

Conséquence de tous ces risques : "Ce dont meurent les gens qui consomment trop d’alcool, c’est d’abord de cancer, avant les maladies cardiovasculaires, les maladies digestives et les accidents" souligne le Dr Patrick Fouilland, alcoologue et président de la F3A, Fédération des acteurs en alcoologie et addictologie. L’alcool est ainsi responsable en France d’un décès par cancer sur 15 (un décès masculin sur 11 et un décès féminin sur 33)5. C’est notamment une grande cause de mort prématurée, qui touche fortement la population des 45-64 ans. Et n’oublions pas que tous ces risques augmentent proportionnellement à la dose à partir d’un verre par jour, quel que soit l’alcool qu’il contient.

Face à cette énumération impressionnante de risques, on ne peut parler que d’une chose : de prévention. Une réduction de la consommation permet de limiter les risques de cancer et de mort prématurée. Parlez-en à votre médecin 

Hélène Jolly

Astuce Source : www.doctissimo.fr
 

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